On entend souvent que les climatisations “rejettent du chaud dehors” et participent directement au réchauffement climatique.
Cette affirmation est en partie vraie… mais elle mélange deux phénomènes très différents :
le réchauffement du microclimat local ;
et le réchauffement climatique global lié à l’effet de serre.
Or ce ne sont pas les mêmes mécanismes physiques.
Une climatisation ou une PAC réversible ne produit pas de chaleur supplémentaire lorsqu’elle refroidit un logement.
Elle fonctionne selon un principe thermodynamique simple :
elle prélève la chaleur à l’intérieur du bâtiment ;
puis elle la transfère vers l’extérieur grâce à un fluide frigorigène.
Autrement dit : la climatisation ne “fabrique” pas de chaleur, elle la déplace.
À l’échelle d’un bâtiment ou d’un quartier, cela peut effectivement augmenter la température extérieure immédiate, notamment dans les rues très denses en période de canicule. On parle alors d’impact sur le microclimat urbain ou d’aggravation des îlots de chaleur urbains.
Mais ce phénomène ne signifie pas que la climatisation aggrave directement le réchauffement climatique mondial.
Du point de vue énergétique, la chaleur rejetée à l’extérieur correspond essentiellement :
à la chaleur extraite du bâtiment ;
plus une petite quantité supplémentaire liée à la consommation électrique du système.
Si l’on néglige ces pertes liées au fonctionnement de l’appareil, le bilan thermique global local est pratiquement neutre : la chaleur n’est pas créée, elle est simplement déplacée.
Contrairement aux gaz à effet de serre, ce transfert de chaleur n’augmente pas durablement la capacité de l’atmosphère à retenir l’énergie solaire.
Autrement dit :
une climatisation peut réchauffer localement l’air autour des bâtiments ;
mais elle n’aggrave pas directement l’effet de serre simplement parce qu’elle rejette de l’air chaud.
L’impact climatique majeur des climatisations et pompes à chaleur provient surtout des fluides frigorigènes utilisés dans leurs circuits.
Ces gaz possèdent parfois un Pouvoir de Réchauffement Global (PRG) extrêmement élevé :
certains fluides HFC réchauffent des centaines voire des milliers de fois plus que le CO₂ ;
une fuite même faible peut donc avoir un impact climatique important.
Le problème survient principalement :
lors des fuites ;
d’un mauvais entretien ;
ou d’une mauvaise récupération des fluides en fin de vie.
C’est pourquoi les réglementations européennes imposent progressivement :
des fluides à plus faible PRG ;
des contrôles d’étanchéité ;
et des procédures strictes de récupération des gaz frigorigènes.
Une climatisation :
réchauffe localement l’environnement immédiat en rejetant la chaleur hors du bâtiment ;
mais ce rejet thermique n’aggrave pas directement l’effet de serre mondial.
Le principal impact climatique des PAC et climatisations provient surtout :
des fluides frigorigènes ;
des éventuelles fuites ;
et, dans certains pays, de l’électricité utilisée pour les faire fonctionner.
La distinction entre microclimat local et réchauffement climatique global est donc essentielle pour comprendre le véritable impact des systèmes de climatisation.